Je réécoutais récemment les albums qui trainent sur mon téléphone et je suis tombé sur Chrome Tape de Motormark.
J’ai découvert ce groupe en fouillant dans la liste des artistes qui ont signé chez le label allemand Digital Hardcore Recordings fondé par l’illustre leader de Atari Teenage Riot, j’ai nommé Alec Empire.
Speed de Atari Teenage Riot, qui a été utilisée pour l’OST d’un des Fast & Furious.
Ce label a été fondé dans le but de regrouper les artistes émergents de la scène « techno-indus » allemande (bien qu’initialement basé à Londres). On y retrouve donc des artistes tels que Hanin Elias (et sa chanson « Burn » complétement implosive), Nic Endo ou encore Panic DHH (groupe de Metal-Indus complétement barré).
À cette époque, la plupart des artistes (et en particulier Alec Empire) se revendiquent jouer du Digital Hardcore. Les groupes rejoignant le label se rapprochant toujours plus ou moins de ce style cyber-futuriste-sous-acide.
Un peu plus généraliste au fil des années, des groupes comme Motormark ne correspondant pas à l’idéologie initiale post-punk-techno-indus ont débarqué peu à peu au sein du label (apportant leur lot de bukkake auditifs).
Eat, Drink, Sleep, Think de Motormark
Comme je l’ai dit au début de l’article, j’ai découvert ce groupe par l’album Chrome Tape qui reste le seul album vraiment valable de Motormark, puisque le précédent et unique autre album fut payé avec leurs économies de l’époque (donc pas grand chose) et est donc d’une qualité plus que douteuse. (qui, contrairement aux groupes de true-raw-black-evil-metal n’est pas là pour faire genre « on a fait exprès de pourrir notre son, c’est so dark, so ténèbre », bamboula, ça m’inspire déjà un article)
Chrome Tape, revenons-y. Une petite boule de rage Rock’N'Rollesque pleine de riffs qui vous explosent les neurones, de batteries aux contre-temps fulgurants et une voix prête à vous arracher les tympans et le contenu de votre crâne de primate asservi à la société avec.
Dès l’intro de « We Are The Public » qui d’ailleurs est le riff principale de la chanson, on est fixé. C’est direct, brute, pas réfléchi et ciblé. Ils ne sont pas là pour faire dans la fioriture ou dans les effets post-prod tirés par les cheveux. Des chansons comme « Eat. Drink. Sleep. Think » ou « That’s What You Say When You Want Me To Kill You » sont complétement dans l’esprit du groupe et de l’album « on matraque, on veut que ça rentre et que ça reste ». Mais ils savent quand même éviter l’indigestion avec des baisses de tension comme « God Only Knows ».
« This is not Rock’N'Roll, This is Suicide » disent Punish Yourself, pour Motormark « This is Rock’N'Roll. This is Mass-Murder. »
Motormark a splitté depuis, pour d’obscures raisons dont je me tape complétement mais les deux membres fondateurs du groupe ont reformé un nouveau groupe appelé Fake Fang reprenant le côté über Rock’N'Roll déluré, voix décalée qui vous éclate son vomi au visage et le caractère haineux et « prends toi cette putain de claque et aime ça ».
Le label, quand à lui, est devenu une sorte de plaque tournante d’autres labels (allemands pour la plupart). Son côté généraliste est devenu quasi-omniprésent même si on reste toujours dans l’underground (genre dans les caves © Clément le No Life) mais si vous voulez du Digital Hardcore autant repartir sur les prods d’Alec Empire et d’Atari Teenage Riot, parce que tout ça c’est fini.


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